Sur quelles roches je pose mon atelier poterie ?
Je suis arrivée à Iffendic en été 2026 pour y installer mon atelier poterie.
J’avais l’habitude d’un paysage de granite à Guéhenno (56). J’ai pu observer, toucher, récolter la poussière de cette roche magmatique chez un tailleur de pierre du village pour en faire la base de mes émaux.
Me voici arrivée dans le pays de Montfort, le pays des maisons couleur pourpre. Schiste ? Grès armoricain ? Formation Briovérienne ? De quoi sont faites les maisons d’ici ? Comment différencier ces roches ? Quelles sont leurs origines ? Avant de chercher comment intégrer les matières locales dans ma céramique d’aujourd’hui, je dois comprendre ce qu’il y a sous mes pieds.
J’ai donc arpenté les sentiers de randonnée et marché jusque dans la « vallée de la chambre au loup » et à la « carrière de la Marette » (carrière qui n’est plus exploitée de nos jours mais où la falaise qui reste du travail des ouvriers permet de lire l’histoire des roches. Le conseil départemental y a installé des panneaux pédagogiques.)
La médiathèque d’Iffendic m’a aussi déniché un livret de l’écomusée du pays de Montfort qui donne plein d’informations précieuses. (« Roches et pierres du pays de Montfort » écomusée du Pays de Montfort 1985)
Les roches nous permettent de nous plonger dans une échelle de temps géologiques… Alors que les scientifiques datent la formation de notre planète à 4,55 milliards d’années, les plus anciennes roches terrestres ont été trouvées au Québec et datent de 4,28 milliards d’années (« Les pierres qui brûlent, qui brillent, qui bavardent » Martial Caroff 2013) = plus de 4 milliards d’années avant l’apparition de l’Homo Sapiens !
A Iffendic, les roches nous parlent d’une histoire d’il y a 1 milliard d’années, où la mer recouvrait l’Armorique. Les dépôts successifs de sables et boues argileuses résultant de l’érosion de roches plus anciennes forment des couches ou des lits. C’est la consolidation de ces grains qui formeront des roches argileuses à grains fins (argilites), des roches à grains plus grossiers venant de sables consolidés (grès) et des conglomérats de galets, quartz blancs ou noirs (poudingue). On parle de formation Briovérienne pour ce type de roches.
Après l’érosion de ce massif Briovérien, la mer envahit de nouveau le pays de Montfort, il y a environ 550 millions d’années. Elle y dépose l’ensemble des argilites rouges ou schistes pourpres de la formation de Pont-Réan. Dans cette formation, se distingue aussi le poudingue de Montfort (conglomérats constitués de galets de quartz blancs, grès, schistes et poudingue Briovérien).
C’est après le dépôt des schistes pourpres que se forme le grès armoricain exploité actuellement dans la carrière le Valet, à Iffendic. La présence de trace d’activité organique dans ce sable consolidé (terriers, pistes, rares trilobites) permet de dater cette formation vers 470 millions d’années.
L’ensemble « Briovérien, schistes rouges et grès armoricain » a été plissé lors du soulèvement de la chaîne Hercynienne (fin de l’ère primaire 310 millions d’années). Ces plissements ont donné toute la schistosité de la région.
Pour ce qui est de l’architecture de terre de la région (la bauge), elle vient du loess, terre argileuse qui nous parle de l’ère quaternaire (débute il y a 1,85 millions d’années et dure jusqu’à nos jours). Au cours des périodes glaciaires, la steppe qui s’étendait sur le pays de Montfort se couvrit de limon apporté par le vent : le loess.

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