Démarche artistique et techniques

Mes influences
Mon travail de la terre s’inscrit dans un dialogue avec l’histoire des civilisations et les territoires que j’ai parcourus.
Mes voyages ont profondément nourri ma pratique. En Crète, j’ai découvert la poterie minoenne ainsi que les premières traces d’écriture gravées dans l’argile, notamment le célèbre disque de Phaïstos. Au Mexique, j’ai été marquée par la poterie culinaire noire de Oaxaca et les traditions céramiques précolombiennes. En France, le Maine-et-Loire, où j’ai grandi, m’a fait connaître la terre des Rairies, utilisée depuis des siècles pour les briques et les tomettes, tandis que les paysages du Larzac, où j’ai effectué deux années de formation à l’école AGIR CERAMIQUE, évoquent pour moi les grandes jarres à eau du Néolithique retrouvées dans les avens.
Je puise également mon inspiration dans les poteries néolithiques, dont la simplicité des formes et la proximité avec les usages quotidiens continuent de me fasciner.
Enfin, la pensée et l’œuvre de Bernard Leach et de Shoji Hamada nourrissent ma réflexion sur l’artisanat, la beauté des objets utilitaires et le lien entre poteries utilitaire populaire et création contemporaine.
Ma recherche
Je privilégie l’utilisation de matières premières locales afin de réduire les distances entre les lieux d’extraction et mon atelier. Ce choix répond à une préoccupation sociale et écologique, à une volonté d’indépendance vis-à-vis des grandes multi-nationales extractives dont le seul objectif est financier.
J’utilise principalement des argiles provenant de petites carrières, comme la terre du Fuilet et celle des Rairies en Maine-et-Loire, auxquelles j’associe des grès, notamment celui de Saint-Amand.
Le recyclage des argiles fait également partie intégrante de ma pratique. Une boudineuse me permet de réemployer efficacement la terre et de limiter les pertes de matière.
Pour la fabrication de mes émaux, j’explore les ressources disponibles sur notre territoire : poussières de granit, coquillages broyés, cendres végétales, marnes et autres matières minérales ou organiques. Ces recherches me permettent de créer des surfaces riches et singulières tout en limitant le recours à certains produits issus de l’industrie extractive.
En posant mes valises et mon tour à Iffendic, j’ouvre un nouveau chapitre de mon travail de la terre. Ce coin de Bretagne, véritable ‘Pays Pourpre’, devient mon nouveau terrain de recherche et d’inspiration. Quitter mon atelier pour aller glaner des matières brutes fait partie intégrante de ma démarche. Les profondeurs d’Iffendic regorgent de trésors géologiques : son schiste pourpré chargé d’histoire, ses veines de grès sédimentaire et ses argiles locales d’altération. Je souhaite apprivoiser ces ressources brutes pour les intégrer à mes futures cuissons haute température, créant ainsi des pièces utilitaires viscéralement liées au sol qui les a vues naître.


Les techniques utilisées
Le tournage est au cœur de ma pratique. J’aime la relation directe qui se crée entre le geste, la matière et le mouvement du tour. Cette technique me permet de façonner l’essentiel de mes poteries utilitaires : bols, tasses, écuelles, marmites ou tajines.
Pour les décors, avant l’émail, j’utilise les engobes et la gravure sur terre à consistance cuir. Ces techniques me permettent de faire apparaître des motifs inspirés du vivant, des végétaux, des paysages ou de simples graphismes.
Pour la réalisation de plaques funéraires, de sculptures ou de fresques murales, je travaille à la plaque. Une croûteuse me permet de préparer des plaques régulières adaptées à ces différents projets.
Enfin, je pratique le modelage. Je façonne des Vénus en bas-relief ou en ronde-bosse.
Pour apporter dureté et résistance à mes pièces, je les cuis à hautes températures (entre 1260° et 1280°).
Points de vente
– Marché du dimanche matin à Plélan Le Grand
– Marché des Bédiévales 29 et 30 août à Bédée
– livraison par correspondance possible
– plaques et urnes funéraires sur commande

